Un jeu concours rate rarement pendant qu'il tourne. Il rate avant la publication, au moment où l'on décide du lot, des règles et de la date de fin — et l'on ne s'en aperçoit qu'à la clôture, quand il faut désigner un gagnant avec des règles qu'on n'a jamais écrites. Voici les neuf erreurs qui reviennent le plus souvent, et ce qu'il faut faire à la place.
1. Ne pas fixer d'heure de fin
« Jusqu'à dimanche » n'est pas une date de fin. Dimanche à quelle heure, dans quel fuseau, et les commentaires arrivés à 23 h 58 comptent-ils ?
Cela paraît tatillon jusqu'au premier participant qui conteste. Écrivez « dimanche 20 h, heure de Paris », et vous n'aurez jamais à trancher.
2. Annoncer un lot que vous n'avez pas encore
Le lot doit exister, être en stock et pouvoir être remis dans le délai annoncé. Promettre un produit en rupture, une prestation dépendant d'un partenaire qui n'a rien signé, ou un séjour aux dates que le gagnant choisira, c'est prendre le risque de ne pas pouvoir tenir.
Ce n'est pas seulement embarrassant : ne pas remettre le lot annoncé est précisément le genre de comportement que le droit français sanctionne comme déloyal.
3. Choisir le lot en fonction de son coût
Le réflexe est de chercher ce qui coûte le moins. Le bon critère est ce qui fait envie à vos clients, pas au plus grand nombre. Un lot généraliste et cher — une console, un smartphone — attire des comptes qui participent à tous les concours et ne resteront pas. Un lot lié à votre activité attire moins de monde et beaucoup plus de clients potentiels, ce que le choix du cadeau permet d'arbitrer en détail.
4. Empiler les conditions de participation
Suivre, commenter, identifier deux amis, partager en story, s'inscrire à la newsletter. Chaque étape ajoutée fait perdre une partie des participants, et la dernière ne recueille souvent que 10 % de la première.
Une condition claire suffit. Si vous en voulez une deuxième, faites-en un bonus — une chance supplémentaire — plutôt qu'une obligation.
5. Exiger un partage sur Facebook
C'est l'erreur la plus fréquente sur Facebook, et l'une des rares qui expose directement le compte : la plateforme interdit de conditionner la participation à un partage sur le profil personnel ou dans un groupe. Le sujet est traité en entier dans « partagez pour participer » : pourquoi c'est interdit.
6. Ne pas prévoir le cas du gagnant silencieux
Un gagnant sur cinq environ ne répond jamais. Si vous n'avez pas annoncé de délai de réclamation ni de règle de re-tirage, vous êtes coincé : re-tirer sans l'avoir prévu, c'est modifier les règles en cours de route, ce qui est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
La parade tient en une phrase publiée avant le concours : « Le gagnant dispose de 7 jours pour se manifester ; passé ce délai, un nouveau tirage est effectué. » Que faire quand le gagnant ne répond pas détaille la marche à suivre.
7. Tirer au sort à la main
Faire défiler les commentaires et s'arrêter au hasard n'est pas un tirage au sort, et surtout cela ne se prouve pas. Le jour où quelqu'un affirme que le gagnant est un ami de la maison, vous n'avez rien à opposer.
Deux problèmes distincts, en réalité : l'aléa lui-même, et la capacité à le démontrer. Prouver qu'un tirage au sort est équitable demande une trace vérifiable, pas une capture d'écran.
8. Compter les participations sans les nettoyer
Sur une publication qui marche, une part importante des commentaires est constituée de doublons — la même personne qui commente dix fois — et de comptes créés pour l'occasion. Les inclure fausse le tirage et donne parfois un gagnant qui n'existe pas.
Le filtrage doit être décidé avant, annoncé dans les règles, et appliqué à tous : une participation par personne, comptes de moins d'un mois exclus, ou ce que vous voudrez, mais annoncé. Filtrer les doublons et les faux comptes explique ce qui se pratique.
9. Ne pas annoncer le gagnant publiquement
C'est l'erreur qui coûte le plus cher sur la durée, et personne ne la voit venir parce qu'elle n'a aucun effet immédiat.
Un concours dont le gagnant n'est jamais montré laisse une audience qui doute que quelqu'un ait gagné. Au concours suivant, elle participe moins. Au troisième, elle ne participe plus. À l'inverse, l'annonce publique — avec le nom, la date et de préférence une preuve du tirage — est ce qui rend le concours suivant crédible.
Publiez-la en fil et en story, remerciez les participants, et dites ce qui les attend ensuite.
Ce que ces neuf erreurs ont en commun
Sept d'entre elles se corrigent en écrivant trois lignes avant de publier : la date et l'heure de fin, la condition unique de participation, et le délai de réclamation du gagnant. C'est le minimum utile — et c'est aussi ce qui rend vos règles opposables, puisque tout ce que vous n'avez pas annoncé avant la première participation ne peut pas être appliqué après.
Les deux dernières — le tirage et le nettoyage des participations — sont les seules qui demandent un outil, parce qu'elles supposent de traiter plusieurs milliers de commentaires et d'en garder une trace. C'est ce que Lukky fait en une minute, avec un résultat que vous pouvez publier tel quel.
Questions fréquentes
Quelle est l'erreur la plus fréquente ? Ne pas fixer d'heure de fin précise. Elle paraît anodine jusqu'au premier participant qui conteste la prise en compte de son commentaire de dernière minute.
Peut-on modifier les règles d'un concours en cours ? Non. Tout ce que vous n'avez pas annoncé avant la première participation vous est inopposable, et changer les règles en cours de route est précisément un des comportements que le droit sanctionne comme déloyaux.
Que faire si on a oublié de prévoir le délai de réclamation ? Contactez le gagnant, attendez un délai raisonnable, et documentez vos relances. Vous ne pouvez pas re-tirer proprement sans l'avoir annoncé, mais des relances tracées valent mieux que rien.
Faut-il vraiment annoncer publiquement le gagnant ? Oui, et c'est l'erreur la plus coûteuse sur la durée. Une audience qui ne voit jamais de gagnant cesse de croire aux concours, et la participation baisse à chaque opération suivante.
