Ce que 2,3 millions de tirages au sort révèlent

12 min de lecture L'équipe Lukky
Un graphique où la barre de décembre domine les onze autres mois, tandis que la courbe des commentaires s'effondre

Nous avons ouvert notre base : 2 348 397 tirages au sort et plus d'un milliard de participations traitées, sur 628 626 jeux concours depuis 2019. Les analyses ci-dessous portent sur 2024 et 2025, deux années pleines. Elles répondent aux questions que se posent réellement les gens qui organisent des concours — quel mois choisir, combien de temps laisser ouvert, combien d'identifications demander. Une réponse au moins renverse un conseil que tout le monde répète, y compris nous.

Méthode : tirages réels et réussis, démonstrations exclues, dates converties en heure de Paris. Les mesures portant sur les commentaires reposent sur des échantillons aléatoires dont la taille est indiquée à chaque fois. Le nombre de participations est déduit de la séquence d'identifiants de la base.

Décembre : le mois le plus chargé, et le moins productif

C'est le résultat le plus contre-intuitif de l'étude, et il tient en deux chiffres.

Décembre rassemble 24,60 % des jeux concours de l'année. Le deuxième mois le plus chargé, février, plafonne à 8,79 %. Le plus creux, août, tombe à 5,02 %. Décembre fait presque cinq fois août.

Et pourtant, c'est le mois où un concours obtient le moins de participations : 106 commentaires en médiane, contre 213 en novembre, 185 en mars, 144 sur l'ensemble de l'année. Un concours de décembre rassemble en médiane la moitié d'un concours de novembre.

La médiane de commentaires, mois par mois, sur 4 554 publications :

  • Novembre 213, mars 185, avril 167, septembre 166
  • Juillet 156, juin 147, mai 141, août 141
  • Janvier 142, février 138, octobre 138
  • Décembre 106

L'explication tient de l'encombrement : en décembre, votre audience voit passer trente concours en trois semaines. Chacun capte moins, parce qu'ils se partagent la même attention. Le mois où tout le monde publie est le mois où chacun récolte le moins.

Une réserve à poser honnêtement : décembre concentre aussi les calendriers de l'avent, qui produisent vingt-quatre publications distinctes, chacune nécessairement plus petite qu'un concours unique. Une partie de l'écart vient probablement de là. Mais l'ordre de grandeur — moitié moins qu'en novembre — dépasse ce que ce seul effet expliquerait.

Ce que cela change concrètement : si votre objectif est le volume de participations, novembre est un meilleur mois que décembre, et vous y serez seul. Si votre objectif est d'accompagner les fêtes, décembre reste incontournable, mais partez du principe que vous obtiendrez moitié moins qu'en temps normal, et dimensionnez le lot en conséquence. Le calendrier complet est détaillé dans le calendrier marketing 2027.

La moitié des participations arrive le premier jour

Nous avons mesuré, sur 473 232 commentaires, le délai entre la publication du post et l'arrivée de chaque commentaire.

  • 1 heure : 11,5 % des commentaires sont déjà là
  • 3 heures : 23,5 %
  • 6 heures : 31,9 %
  • 12 heures : 39,0 %
  • 24 heures : 51,2 %
  • 48 heures : 61,6 %
  • 72 heures : 69,4 %
  • 7 jours : 88,6 %

La première journée vaut autant que tout le reste réuni ; les trois premières heures, à elles seules, pèsent près d'un quart.

C'est la mesure qui corrige un conseil que nous avions nous-mêmes publié. On lit partout — et nous l'avions écrit — qu'une publication de concours « ne touche plus personne après 48 heures ». C'est faux : 38,4 % des commentaires arrivent après la quarante-huitième heure. Ce qui s'effondre vraiment, c'est après une semaine, où il ne reste que 11,4 % à récolter.

Sept jours reste donc la bonne borne haute, mais pour une raison différente de celle qu'on avance d'habitude. Ce n'est pas que plus rien n'arrive : c'est que le peu qui arrive encore ne vaut plus l'attente imposée à tous ceux qui ont déjà joué. Le raisonnement est repris dans combien de temps doit durer un jeu concours.

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La deuxième identification coûte la moitié des participants

C'est le résultat que nous n'attendions pas si net.

Nous avons rapproché la configuration de 1 298 concours de 2024-2025 du nombre de commentaires obtenus, et comparé la médiane par groupe :

  • Aucune identification exigée — 124 concours, médiane de 203 commentaires
  • Une identification — 514 concours, médiane de 209 commentaires
  • Deux identifications — 420 concours, médiane de 93 commentaires
  • Trois identifications — 240 concours, médiane de 86 commentaires

Passer de zéro à une identification ne coûte rien : 203 contre 209, l'écart n'est pas significatif. Or chaque personne citée reçoit une notification, c'est-à-dire un contact gratuit avec quelqu'un qui ne vous suit pas. La première mention est gratuite dans les deux sens du terme.

Passer de une à deux divise la participation par 2,2. La troisième ne retire presque plus rien : le mal est fait à la deuxième.

Réserve d'honnêteté : ce sont des corrélations. Les comptes qui exigent trois identifications ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux qui n'en exigent qu'une, et une partie de l'écart peut venir de là plutôt que de la contrainte. Mais l'effet est monotone et il porte sur 1 298 opérations. L'analyse de la mécanique est dans « taguez un ami » : bonne ou mauvaise mécanique.

Près de la moitié des commentaires sont des doublons

Sur 3 969 concours ayant reçu au moins vingt commentaires, nous avons comparé le nombre de commentaires au nombre de comptes distincts.

Dans le concours médian, 45,3 % des commentaires proviennent de quelqu'un qui avait déjà commenté. Plus précisément : 61,5 % des concours dépassent 30 % de doublons, et 45,4 % dépassent 50 % — c'est-à-dire que dans près d'un concours sur deux, la majorité des commentaires sont des répétitions.

Rapproché d'un autre chiffre, cela devient un problème : 23,3 % des organisateurs ne dédoublonnent pas avant de tirer. Un concours sur quatre désigne donc son gagnant dans une liste où celui qui a commenté dix fois a dix fois plus de chances — sans que personne l'ait décidé, et sans que ce soit annoncé aux participants.

C'est, de tous les chiffres de cette étude, celui qui a le plus d'effet sur l'équité d'un tirage. Filtrer les doublons et les faux comptes explique ce que le réglage change et comment l'annoncer.

Les chasseurs de concours, mesurés

On répète qu'un lot généraliste attire des comptes qui participent à tout et n'achèteront jamais. Nous avons cherché à savoir dans quelle proportion.

Sur un échantillon de 6 000 jeux concours — soit 6,25 % de ceux organisés en 2024-2025 — nous avons compté les comptes apparaissant dans plusieurs d'entre eux. Parmi 908 806 comptes participants :

  • 6,1 % apparaissent dans au moins deux des concours de l'échantillon
  • 0,17 % dans au moins cinq
  • ces comptes produisent 11,6 % de toutes les participations
  • le record observé est un compte présent dans 20 des 6 000 concours

Ces chiffres sont des planchers, et il faut insister là-dessus pour les lire correctement. Nous n'observons qu'un concours sur seize : quelqu'un qui participe à dix concours par mois a très peu de chances d'être vu deux fois dans notre échantillon. Qu'un compte sur seize y apparaisse malgré tout deux fois signifie que la participation en série est nettement plus répandue que ces 6,1 %.

Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : environ un dixième des participations que vous recevez vient de gens qui participent à des concours en permanence, au minimum, et probablement bien davantage. Ils gonflent votre compteur et ne deviendront pas clients — c'est l'argument le plus concret en faveur d'un lot lié à ce que vous vendez plutôt que d'un lot universel, développé dans quel cadeau faire gagner.

Publiez un dimanche, en fin de matinée

Le moment de publication se mesure aussi, et il ne dit pas ce qu'on attend.

Par jour de publication, médiane de commentaires obtenus : dimanche 171, jeudi 150, mercredi 148, mardi et vendredi 144, lundi 133, samedi 120. Le samedi est le pire jour, le dimanche le meilleur — un écart de 42 %.

Par tranche horaire : 10 h – 14 h donne 164, 18 h – 21 h donne 159, 14 h – 18 h donne 156, puis 21 h – minuit 129, 6 h – 10 h 107, et la nuit 100.

La fin de matinée devance donc légèrement la soirée, ce qui contredit le conseil habituel de publier à 20 heures. L'écart entre les deux est faible ; l'écart avec le matin tôt et la nuit, lui, est net — publier avant 10 heures coûte un tiers des participations.

À ne pas confondre avec le moment du tirage, qui suit une logique inverse : les tirages sont effectués le lundi (17,5 %) et le dimanche (16,2 %), très peu le samedi (10,6 %), avec un pic à 20 heures.

Facebook : un concours sur trois, deux fois moins de participations

Sur 93 212 concours de 2024-2025 : Instagram 64,0 % (dont 3,9 % en messages directs), Facebook 36,0 %.

Un concours sur trois se déroule donc encore sur Facebook, ce qui mérite d'être connu de ceux qui le tiennent pour un réseau abandonné. Mais la participation n'y est pas la même : médiane de 88 commentaires sur Facebook contre 193 sur Instagram, soit moins de la moitié.

Les deux chiffres se lisent ensemble. Facebook demande un lot plus modeste pour un public plus local et plus âgé, et ses règles diffèrent — notamment l'interdiction d'exiger un partage. Le guide du jeu concours Facebook détaille ce qui change.

Ce que les organisateurs configurent

Sur environ un million de concours récents :

  • 90,9 % exigent au moins une identification. Une mention 38,8 %, deux 29,5 %, trois 20,0 %, aucune 9,1 %. La majorité se place donc dans la zone où la contrainte lui coûte des participants.
  • 23,3 % ne dédoublonnent pas, comme vu plus haut.
  • 82,3 % ne désignent qu'un seul gagnant. Deux ou trois : 14,8 %. Au-delà : négligeable.
  • 99,5 % passent par le commentaire. Republication et abonnement sont résiduels dans les faits, quoi qu'en disent les guides.

Quant à ce qu'on peut espérer : sur 2 362 publications, la médiane est de 144 commentaires, le premier quartile à 49, le troisième à 471, le neuvième décile à 1 260 et le 99ᵉ centile à 5 695. Le maximum observé est de 37 997. La distribution est très asymétrique — si vous organisez votre premier concours, c'est la médiane qui vous concerne, pas les chiffres que vous voyez passer.

La durée réellement pratiquée, entre publication et premier tirage sur 89 747 concours : médiane de 6,9 jours, quartiles à 2,8 et 11,2 jours. La tranche 3 à 7 jours est la plus fréquente (34,8 %), et 61,2 % des concours sont tirés dans la semaine.

Ce que cette étude ne dit pas

Trois limites, qu'il vaut mieux poser que laisser deviner.

Ce sont les concours faits avec Lukky, pas tous les jeux concours du monde. Ils penchent forcément vers les organisateurs qui cherchaient un outil de tirage — c'est-à-dire, sans doute, vers ceux qui prennent la question du hasard au sérieux.

Nous ne savons pas de quels pays viennent ces concours. Une langue n'est rattachée qu'à 30 % d'entre eux, ce qui est trop peu pour publier un découpage par marché. Cela vaut d'être dit pour la saisonnalité : le pic de décembre est celui de l'ensemble de la base, et il est vraisemblablement porté par les marchés où Noël structure le calendrier commercial. Sur la fraction attribuable, il est nettement plus marqué chez les organisateurs de langue française que chez les hispanophones — mais cette fraction est trop partielle pour en faire un résultat.

Les rapprochements sont des corrélations. Nous mesurons ce qui a été configuré et ce qui a été obtenu ; nous n'avons pas isolé l'effet propre d'un réglage de la qualité du lot, de la taille du compte ou du moment de publication.

Ce qu'il faut en retenir

  • Ne demandez qu'une seule identification. La première est gratuite, la deuxième vous coûte la moitié de vos participants.
  • Soignez les trois premières heures. Elles valent un quart du total, et la première journée en vaut la moitié.
  • Fermez entre trois et sept jours. Au-delà, vous achetez 11 % de participations au prix de l'attente de tous les autres.
  • Dédoublonnez toujours. Le concours médian compte 45 % de doublons, et un organisateur sur quatre tire sans les retirer.
  • Novembre plutôt que décembre, si votre objectif est le volume.

Les tirages sur lesquels reposent ces chiffres ont tous été réalisés avec Lukky, qui produit à chaque fois un certificat public que les participants peuvent ouvrir.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur mois pour un jeu concours ? Novembre, si l'objectif est le volume : il produit la meilleure médiane de participations de l'année, 213 commentaires. Décembre rassemble 24,6 % des concours mais donne la plus faible participation, 106 en médiane — le mois où tout le monde publie est celui où chacun récolte le moins.

Combien de temps faut-il laisser un concours ouvert ? Trois à sept jours. La moitié des commentaires arrive dans les 24 premières heures, 69 % en trois jours, 89 % en une semaine. Au-delà, il ne reste que 11 % à récolter.

Faut-il demander d'identifier des amis ? Une seule identification : elle ne coûte aucune participation et apporte une notification vers quelqu'un qui ne vous suit pas. Deux font tomber la médiane de 209 à 93 commentaires.

Combien de participations peut-on espérer ? La médiane est de 144 commentaires par concours. Un quart en obtient moins de 49, et 1 % dépasse 5 695.

Faut-il retirer les doublons avant de tirer ? Oui. Dans le concours médian, 45 % des commentaires proviennent de quelqu'un qui avait déjà commenté, et près d'un concours sur deux dépasse 50 % de doublons.

Y a-t-il beaucoup de « chasseurs de concours » ? Au moins 11,6 % des participations proviennent de comptes qui participent à plusieurs concours, mesuré sur un échantillon couvrant 6 % des opérations. Comme nous n'observons qu'un concours sur seize, c'est un plancher : la proportion réelle est plus élevée.

Sur quelles données repose cette étude ? Sur 2 348 397 tirages au sort réels et plus d'un milliard de participations traitées avec Lukky depuis 2019, les analyses détaillées portant sur les années pleines 2024 et 2025.

L'équipe Lukky Tirages au sort certifiés depuis 2019
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